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Paris Suit Yourself remet la musique classique à la mode

Les Paris Suit Yourself font partie de la scène underground berlinoise. Avec leurs looks rock n’ roll, les deux garçons sont en vérité férus de musique classique. Tu peux parler de Wagner, Verdi et Bach avec eux sans problème. Comment la musique classique peut-elle évoluer et revenir au goût du jour à nouveau ? On leur a posé la question.
Vous venez tous les deux d’endroits différents dans le monde, vous avez des parcours différents.
Joe: Oui, c’est marrant. On s’est rencontrés à Paris, dans une fête à laquelle je suis arrivé en retard. En arrivant, je suis tombé sur une boîte pleine de disques, ça allait de Stravinski à Verdi, et d’autres musiciens du genre. Je regardais l’intérieur de la boîte quand j’ai rencontré Luvinski (vocaux) et on s’est mis à parler musique classique. Plusieurs mois après, il m’a appelé et m’a dit qu’il prendrait l’avion pour Bordeaux, parce qu’il voulait vraiment m’avoir dans son groupe.
Victor: Donc un jour on s’est tous retrouvés assis à Bordeaux. Ça a été long et laborieux avant que l’on s’accorde tous, surtout d’un point de vue musical. Puis on s’est mis à adorer Joe et sa batterie.
Vous êtes tous les deux à fond dans la musique classique, alors ?
Joe: Oui, j’ai étudié le classique, la composition. Je suis né dans une famille très tournée vers la musique, mais je voulais jouer de la musique sexy, rythmée et intense, en même temps. Alors je suis allé du classique au métal puis du métal à Paris Suit Yourself, qui nous a permis de créer notre propre style.
Victor: Je joue du piano depuis l’âge de 5 ans. Ma mère voulait que je devienne un grand pianiste, mais ça ne me ressemblait pas. À la place, j’ai fait des études de ciné et d’un point de vue musical, j’ai pris une toute autre tournure.
À quel point votre musique est-elle influencée par la musique classique?
Joe: Ça dépend. D’un côté, on est très influencés par les endroits dans lesquels on vit, nos environnements respectifs, nos influences, nos parcours. Mais de l’autre, on est tous motivés par une même dynamique, un but musical partagé.
Victor: Quand je suis arrivé pour la première fois à Berlin, j’ai été influencée pendant une grosse période par la techno et la minimale. Maintenant, je vis à Neuölln, un quartier de Berlin très influencée par la Turquie, donc j’écoute pas mal de musique turque. La guitar turque des années 80 est vraiment cool et rythmée. Le rythme, c’est le truc le plus important. On peut dire qu’on fait de la techno sans sons électroniques.
Le rythme, c’est un truc qu’on trouve aussi dans la musique classique.
Joe: Oui, tout à fait. Les fugues de Bach ont des points communs avec la minimale. Mais en ce moment, notre musique est très influencée par Berlin. On tire nos influences de la techno, qui nous rappelle les compositions baroques.
Victor: Sauf qu’à la place des violons et des violoncelles, on joue de la batterie.
Quels sont vos projets à venir ?
Joe: J’ai recommencé à faire de la musique de chambre, donc c’est le prochain truc à venir. On va jouer du piano dans deux endroits différents, ça va être diffusé dans une galerie.
Pour voir ce à quoi de la musique classique contemporaine ressemble:
05 chamber symphony GOOD
